Quelques années après, j’ai eu l’occasion de visiter une exposition des tableaux du Douanier, au Musée d’Orsay, à Paris. J’avais emporté un carnet de croquis pour saisir les formes exactes des feuilles et fleurs de ses tableaux. Quelle surprise : les formes des végétaux étaient très simples, c’est leur accumulation qui donnaient cette sensation de jungle ! L’ambiance des tableaux réels, très grands pour certains, m’a donnée une toute autre impression que celle rêvée.
Ainsi vit dans ma tête deux Douaniers …
Le Douanier
Né à Laval, dans l’Ouest de la France, Henri Rousseau s’engage dans l’armée puis entre dans les services de l’octroi à Paris, d’où son surnom de douanier. Il commence à peindre pendant ses moments de liberté et à partir de 1885, devient un exposant régulier au Salon des Indépendants de Paris où les peintres comme Camille Pissarro ou Odilon Redon s’émerveillent de la nouveauté de sa vision.
À partir de 1893, il se consacre entièrement à son art. Encouragé et soutenu par les poètes et artistes de l’avant-garde qui voient en lui un des pères de la modernité en peinture, il présente trois œuvres au Salon d’Automne de 1905, au moment du scandale des peintres dits « fauves ». La critique est également souvent louangeuse et il vit comme une apothéose de sa vie artistique le « banquet » organisé en son honneur par Pablo Picasso et ses amis en novembre 1908 au Bateau-Lavoir, la célèbre cité d’artistes de Montmartre.
Composant ses tableaux à partir de photographies découpées dans la presse ou de cartes postales, fréquentant assidument les salles du musée du Louvre, Henri Rousseau se proclame peintre « réaliste ». Au prix d’un travail opiniâtre, il exécute des portraits, des paysages urbains et de grands tableaux de jungles devenus célèbres.
Quelques unes de ses oeuvres



