« La décroissance doit-elle être élégante ? »

La décroissance c'est bien sûr le refus du bling-bling, mais cela signifie-t-il pour autant nous déguiser en renonçants ? La robe de bure ou les guenilles sont-elles les tenues pour sauver la planète ou bien au contraire être élégant ne participe-t-il pas de la révolte pour la dignité et la beauté que veut insuffler ce mouvement ?

Je partage avec vous cet article du journal “La Décroissance : le journal de la joie de vivre” n°219 de juillet-août 2025

Stéphane Polsky 

professeur de lettres, est auteur, entre autres ouvrages, de “Les mots à la bouche” (édition Complicité, 2025)

Pourquoi donc la décroissance devrait-elle être élégante, quand la société ne l’est pas ? que l’élégance vestimentaire est aujourd’hui reléguée au clinquant et au conformisme bourgeois, comme le raffinement l’est au luxe ? Dans la profusion des pantalons de jogging (ces “signes de défaite”, jugeait le styliste allemand Karl Lagerfeld : “Vous avez perdu le contrôle de votre vie, donc vous sortez en jogging”), des T-shirts et des pyjopettes (un habit situé au croisement, symbolique, du pyjama et, pratique, de la salopette), désormais la moindre veste vous distingue. Les lois somptuaires ont toujours cours, et pas que dans le dress code des entreprises de haut rang : l’homme en cravate est toujours vu comme un banquier, un col ouvert il est dimanche, un complet clair il convole… Qu’il rehausse ça vêture d’un accessoire – pochette, pince à cravate, boutons de manchettes, couvre-chef… – et en voilà un extravagant ! Pire : un dandy ! Il passe pour déguisé, vieux, ou même conservateur… L’habit du dimanche n’est plus un trente-et-un, de nos jours, c’est un négligé : la belle apparence s’arrête à l’almanach des grandes occasions de la vie sociale ou familiale (mariage, baptême, enterrement). Dans le commerce, les rares gilets de trois pièces encore référencés portent l’étiquette gilet de cérémonie ou de serveur ; et les jeunes générations ignorent ce que recouvre l’expression chaussures de ville.

Il en va de même pour la langue française, d’ailleurs. Au XXIe siècle, le vocable est aussi approximatif que le vêtement est lâche, l’expression, aussi médiocre que le maintien, grossier. La toilette a rendu l’âme dans “Le Bon Usage”, de Grévisse (une grammaire du français publiée pour la première fois en 1936). Notre époque ne s’apprête plus, elle se nippe, elle s’accoutre comme elle bafouille. Certes, les lecteurs de votre journal dont les propos sont publiés dans la rubrique du courrier s’expriment dans un français recherché. Mais c’est que pour être lu, il faut écrire bien ; tandis qu’on peut être vu en pyjama sans être inquiété par la loi. 

Le paradoxe, c’est que, contrairement aux préjugés, les tenues sans tenue ne sont pas garantes de décroissance. Les hardes ne représentent nullement l’assurance du respect des hommes qui les confectionnent et du monde qu’elles parcourent des usines de leur production aux rayons de leur mise en vente. La fast fashion terne ne sauve pas la planète, bien au contraire : son coût humain est régulièrement illustré (le 24 avril 2013, l’effondrement d’un bâtiment du Rana Plaza, à Dacca, au Bangladesh, fait 1138 morts et 2500 blessés) ; et pour son coût écologique, que dire de l’exportation tout azimut des marques internationales qui la commercialisent ? 

En ce sens, l’habit classe, coloré, est subversif. Sur le dos d’un décroissant, il serait révolutionnaire. Bien mis, ce dernier continuerait sans doute d’être raillé, mais il échapperait à cette forme d’ironie que la société technicienne réserve aux résidents de yourte ou de roulotte, aux beatniks en guenilles, aux ascètes hirsutes, tous honnêtes, et positivement levés contre la société de consommation, mais sans col blanc. Dans le cadre de sa désobéissance esthétique, l’anarchiste et créateur prolifique anglais William Morris demandait que fut “plaisant, beau et généreux le cadre matérielle de ma vie”, comme le philosophe grec Platon estimait que “le beau, c’est la splendeur du vrai”. Et Coco Chanel d’enchérir (mais nous inversons ses propositions) : “L’élégance c’est quand (l’extérieur) est aussi beau que (l’intérieur) ». Dont acte. La belle facture est accessible à un prix modique : il suffit d’en posséder peu ; et de contribuer ainsi, plus encore qu’à une révolte, dont le sème est provisoire, ou à une lutte contre le laid, un combat pour la dignité, politique, humaine. La décroissance peut être élégante, autrement dit : rendue plus attractive, elle recruterait davantage. Mais sa ligne bougerait, bien sûr, puisque ses rangs auraient grossi…

Ma réflexion :

J’aime le beau ! La proportion flatteuse, l’assemblage ajusté des couleurs, les effets de matières selon les volumes : je parle ici aussi bien de jardin, d’architecture, de décoration que de vêtements et même d’écrits. Une pensée exprimée dans un vocabulaire riche aura plus d’impact, à mon sens. Si je souhaite incarner des idéaux n’auront-ils pas plus de portée mis “en beauté” ? Un vêtement neuf ou de seconde main en polyester est toujours aussi peu “écolo”. La fabrication a été polluante, l’entretient le sera aussi, la réparation sera toujours plus chère que l’achat, le recyclage en “ustensile de ménage” ou “rembourrage de poupée” impossible. Alors pourquoi ne pas s’habiller de belles matières, ajustées à notre morphologie et ce même le dimanche ? En effet aujourd’hui on “s’habille” pour aller travailler et le dimanche c’est “négligé”. Tout l’inverse des époques précédentes ! 

Julia Faure 

a co-fondé la marque Loom, qui cherche à produire des vêtements de qualité le plus localement possible

Je pense que le refus de l’élégance existe chez les écolos comme chez les sur-consommateurs qui achètent de la fast fashion. Je ne crois pas que cela soit lié à une manière de régir les ressources sur Terre. Dans tous les groupes sociaux, des gens font attention à leur apparence et d’autres moins. En tout cas, il n’y a pas du tout d’incompatibilité entre la réduction de la consommation de vêtements et l’élégance. 

La mode ne fait que s’inspirer des looks de tribus. Je vais prendre l’exemple de la mode masculine : ce qu’elle fait, c’est simplement reprendre les codes des cow-boys, des ouvriers, des rockers ou encore des voyous à la Marlon Brando. D’ailleurs, la mode existait avant la sur-consommation du textile et du vêtement. Ces deux sujets sont vraiment indépendants. Prenons le cas de la chanteuse Patti Smith. Dans son livre “Just kids”, elle raconte que dans sa jeunesse rock elle n’avait pas un rond. Alors, avec son ami photographe Robert Mapplethorpes, elle joue avec les accessoires comme des plumes ou des lanières, elle découpe ses chemises… Le manque d’argent ne l’a pas empêché d’avoir toujours été une personne très stylée, très élégante. À tel point qu’aujourd’hui, des marques se revendiquent du look Patti Smith. 

Quand j’ai lancé ma marque Loom, j’avais cet a priori que la manière de s’habiller était un sujet superficiel. Les questions qui valaient la peine étaient intellectuelles. Le vêtement devait simplement être fonctionnel. Pour y avoir bien réfléchi, je pense désormais que ce sont des préjugés un peu misogynes. Dans le sens où l’on considère que s’habiller, faire attention à son apparence, relève du féminin. Chez des écolos, il y a un désir de table joyeuse, de bons repas, de légumes colorés, on envisage pas la nourriture comme quelque chose de purement fonctionnel, avec l’idée de remplir son estomac par une grosse bouillie. Pourquoi les vêtements devraient-ils être laids, austères, ennuyeux ? S’habiller, c’est une esthétique de vie, un art tout aussi important que la gastronomie ! 

De toute façon, personne ne s’habille n’importe comment. On répond toujours au code d’une tribu. Même ceux qui disent s’en moquer. Nous choisissons toujours, consciemment ou non, des vêtements qui renvoient une image que nous désirons porter de nous.

Chez Loom, nous voulons confectionner localement des vêtements que l’on garde longtemps, parce qu’ils tiennent le coup mais aussi parce qu’on les aime. Des vêtements avec lesquels on a une relation affective, parce que l’on se sent beau dedans, et qui nous font nous sentir bien, qui nous mettent en valeur. Pour produire moins et mieux, il faut tenir compte de la beauté des choses. Notre but demeure que les gens consomment moins d’habits et les gardent plus longtemps. Cette volonté va complètement à l’opposé de la société de consommation et de sa production globalisée de vêtements à bas prix. Même l’économie de seconde main, notamment avec des plateformes comme Vinted, participe à cette spirale de la sur-consommation : plus on vend d’occasion, plus on achète de neuf au niveau global. Il faut aussi donner les moyens aux gens de vivre de leur travail. Entre les années 1980 et aujourd’hui, la consommation textile des Français a été multipliée par deux, alors que le budget des ménages consacré aux vêtements est resté le même. Comment avons-nous fait ? Le prix des vêtements a été divisé par deux ou trois du fait de la délocalisation de la production, notamment en Asie. Là-bas, les ouvriers sont mal payés et l’environnement mal protégé. Ils en payent le coût.

À une époque, la production était locale. Les vêtements coûtaient un certain prix. On ne s’en débarrassait donc pas comme ça. On les gardait longtemps. Il y avait toute une économie de la réparation en parallèle. Elle faisait vivre énormément de gens.

C’est au niveau de la production qu’il faut agir. Mais la réponse ne pourra pas venir seulement du marché – à notre niveau, nous restons une entreprise de niche -, elle devra nécessairement être politique.

Ma réflexion :

J’ai longtemps pensé moi-même que le vêtement se devait d’être d’abord utilitaire et que les questions intellectuelles valaient plus que je m’y attarde. Mon point de vue à évolué en prenant conscience que chacun des vêtements que je porte génèrent soit un imaginaire, soit une esthétique, soit un symbole, que leurs coupes mettent obligatoirement ma morphologie en valeur ou non. Quelque soit l’acte de me vêtir que je pose il me présentera au monde d’une certaine façon. A ce moment là soit je peux essayer de contrôler l’image que je renvoi soit je peux jouer avec l’imaginaire porté par les vêtements que je choisi sans penser qu’ils me définissent absolument. Je ne peux maitriser la lecture que les personnes portent sur mes habits, tout comme je ne peux être sûre d’être absolument comprise dans ma parole prononcée ou écrite. Les biais, ou filtres, intellectuels de chacun brouillent la lecture alors autant s’amuser en ayant conscience que ce que je porte n’est pas ce que je suis absolument, et ne sera pas lu tel que je le lis moi-même. Le je se dévoile dans le jeu !

Philippe Gendreau

enseigne aux adolescents depuis plus de 30 ans. Il est l’auteur de “GAFAM, le monstre à cinq têtes” (2023) et “Mode Jetable” (2025), tous deux parus aux éditions Ecosociété

Comment s’habiller au moment où des millions d’hectares de la forêt canadienne s’envole en fumée ? Que choisir dans ses tiroirs alors que les glaces du Groenland ont fondu, en mai 2025,17 fois plus vite que la moyenne historique ? Si on se fie aux statistiques nous n’avons jamais produit autant de vêtements : le marché de la production de vêtements est en franche progression avec des revenus anticipées de 1,84 milliards de dollars pour 2025 (source Uniforme Market). Bref, il fait de plus en plus chaud, mais il y a toujours plus de vêtements produits, vendus et détruits. Tous les jours, des centaines de tonnes de vêtements qui était à la mode sont enterrés ou brûlés pendant que les usines de Shein, Temus, H&M et Zara en produisent furieusement encore plus.

Le marché actuel, particulièrement bien huilé est programmé pour faire passer pour chimère tout intention de changer la course de l’hyper-capitalisme. Mais, puisqu’il faut (aussi) s’habiller., Qu’est-ce que le citoyen engagé peut encore porter ? De mon côté, j’opte surtout pour les fringues qui occupent déjà mes tiroirs. J’achète surtout ce qui est durable ou convertible à long terme (pantalon qui deviendront bermuda). Par chance, je me considère immunisé contre les effets de la mode : de glace face aux injonctions m’invitant à me procurer ce qui me manque. Les slogans creux qui m’invitent à croire que “La mode est un droit” ne font que renforcer mon indignation. Si j’ai un besoin vestimentaire, je le comble : d’abord du confort, rien de flamboyant, sans contrainte stylistique et avec des paramètres éthiques modérés (entreprise, conditions de travail, impact environnemental). Une ligne esthétique directrice : le moins de logos possible, mais un style assumé qui envoie, chaque jour, promener le plus grand nombre de grandes corporations et les milliardaires qui les gèrent. Chaque vêtement que je n’achète pas me donne la latitude nécessaire pour consommer plus de culture : billets de théâtre, cinéma, livre, spectacle de danse ou de musique, expositions. Une ascèse flexible qui s’avère franchement payante.

Si on réduisait tous notre consommation de vêtements, plusieurs des 134 millions d’enfants de 5 à 14 ans qui, selon l’ONU, travaillent dans les champs et les manufactures pourraient enfin disposer de semaines de congés. Poussons cet idéalisme naïf un peu plus loin, si les gens boycottaient enfin, Shein, les Ouïghours de la région du Xinjiang pourraient fermer leur machine à coudre…

Pour les irréductibles “écolos-fashionistas”, vous êtes conviés sur le Koru, yacht de 500 millions de dollars de Jeff Bezos. Vous y serez accueillis par sa charmante fiancée écologistes Lauren Sanchez, récemment décorés à Cannes par le Woman Empowerment Award pour “son plaidoyer pour la justice climatique”. À son bord, vous trinquerez avec des invités triés sur le volet qui jouissent des revenus exorbitants produits par la mode jetable : Bernard Arnault (LVMH), Jeff Bezos (Amazon), Vincent Bolloré (Havas), Shou Zi Chew (TikTok), Mark Zuckerberg (Meta), Donald Tang (Shein), Amancio Ortega (Zara) et l’ex-ministre de l’intérieur et lobbyiste pour Shein, Christophe Castaner. Décontractés comme dans une pub de Dior dans leurs tenues de fossoyeurs du monde, ces passagers de première classe discuteront avec vous de sujets brûlants d’actualité : paradis fiscaux, taux d’imposition, syndicats… et, bien entendu, des dernières tendances mode. Le Koru, filant doucement sur l’océan en faisant tournoyer les microparticules de polyester, vous offrira le spectacle autour du navire, des migrants vêtus de leurs vestes de sauvetage, non-griffées remarquerez-vous, tentant d’échapper à leur sort…

Ma réflexion :

Oui la fast fashion est un fléau mais je pense que c’est très simpliste de penser que ne plus acheter ces vêtements “sauvera” les travailleurs-esclaves qui les produisent. L’impact que chacun a avec sa consommation matérielle existe (je suis adepte des “petits gestes” militants) mais se poser en sauveur de l’humanité est “légèrement” présomptueux ! Consommer de la culture “à la place” du vêtement est aussi un acte de consommateur. Peut-être est-il plus important de se poser la question de cette attitude de consommateur que de fustiger uniquement la mode …

Sophie Galamez

a été costumière et habilleuse (opéras de Paris, théâtre du Nord, etc), puis modéliste en bureau d’études. Elle est aujourd’hui professeur dans une école de production textile à Roubaix

Il me paraît d’abord important de s’interroger sur la notion d’élégance, dont l’étymologie renvoie à la fois au “goût”, à la “délicatesse” et à la “distinction”. On associe généralement aux personnes élégantes l’harmonie des formes ou des couleurs de leur tenue.

Or, j’imagine que si vos lecteurs sont peu enclins à devenir des victimes de la mode, ils ont forcément subi comme tout le monde la globalisation du vêtement, et remettent à coup sûr en question leur rôle dans les codes vestimentaires actuels.

C’est pourquoi je pense qu’il faut revenir à l’essentiel et se pencher sur une définition de l’élégance basée sur des considérations très pratiques. On devrait en priorité porter des vêtements confortables, constitués de matières nobles, c’est-à-dire naturelles (qui au passage sont plus respirantes, protègent mieux du froid ou de la chaleur…), et bien entendu adaptés à des activités physiques. Se vêtir d’habits en bon état, bien entretenus, correctement réparés : voilà une élégance à portée de main qui apporte un vrai réconfort. Respecter les vêtements que l’on porte, c’est se respecter soi-même. Et dans ce cas, alors oui, décroissance et élégance vont de pair.

Mais cette aspiration est-elle au moins possible aujourd’hui ? Cela soulève d’autres questions auxquelles j’ai été confrontée sur le terrain.

Intéressons-nous d’abord à cette portion de l’industrie textile qui se montre a priori plus responsable : de nombreuses marques prônent une mode éthique mais se retrouvent prises dans les rouages de la surproduction pour proposer des prix plus abordables. D’autres font le choix de produire en petites séries, ou même en pré-commande. Ces vêtements sont forcément plus onéreux. Et pour qu’une marque survive dans le temps, elle doit souvent sortir au moins une ou deux collections saisonnières par an. (Par comparaison, chez les enseignes de la mode jetable, cela peut être une collection par semaine !)

Des créateurs français, par souci social et écologique font appel à des ateliers de fabrication en France ou en Europe. Or, en pratique, il arrive que le créateur exerce une pression sur l’atelier afin de baisser les prix au minimum. Car chaque minute à un coût.

D’autres ateliers font le choix de ne développer que des vêtements de travail. Certaines écoles de production en relance d’ailleurs la fabrication en France. La seconde main, quant à elle, est une issue économique et maline.

Dans les friperies, on peut chiner des pièces de vêtements de qualité puisque les bonnes matières sont durables. Avec un peu d’imagination, il est possible de valoriser, personnaliser au retoucher un vêtement.

Le bonus réparation a le mérite d’exister pour les vêtements et les chaussures.

Mais aujourd’hui, de nombreux consommateurs se reportent sur des marchés en ligne (comme Vinted), ce qui nourrit évidemment les transports polluants et l’usage exacerbée du numérique…

Une autre solution est de revenir à la fabrication par soi-même. Il faut pour cela redécouvrir les savoir-faire perdus ce qui prend du temps : trouver la bonne matière, le bon patron (ou le dessiner soi-même !), apprendre les bons gestes… À une époque où la plupart des gens travaillent dans les services, peu d’entre eux se rendent compte du temps et de l’investissement financier nécessaires aux métiers manuels.

Mais le résultat peut donner un vêtement durable, qui plus est un vêtement dont on est particulièrement fier ! On peut être accompagné dans cette démarche par différents ateliers. Il existe même des entreprises françaises de prêt-à-porter qui proposent des kits de couture.

Pour conclure, je dirais qu’il est difficile d’être élégant dans une société où tout va très vite : les centres-villes troquent les petites enseignes indépendantes contre les géants de la mode internationale bas de gamme. La publicité, omniprésente, soumet à chaque individu à la tentation de l’achat et de la nouveauté. Et le bas prix est désormais durablement ancré dans nos habitudes de consommation. Les étudiants en école de mode peinent à se positionner face aux enjeux écologiques. On leur demande de s’en préoccupé étant donné le lourd impact de l’industrie textile sur l’environnement, mais les outils qu’ils doivent développer pour faire exister leurs marques sur les réseaux sociaux, le numérique, la vente en ligne. Les étiquettes deviennent des QR code.

Heureusement, des alternatives émergent. Prenons l’exemple d’une jeune marque courageuse qui a choisi de devenir fabricant de lin à Roubaix, tricotant sur machine ses métrages de tissu pour ensuite passer à une production locale de vêtements basiques. Là encore, il faudra beaucoup d’efforts pour inverser la tendance : la France est le premier producteur mondial de lin, or celui-ci est principalement exporté vers la Chine pour la filature et le tissage…

Ma réflexion :

Pour poursuivre le propos de Sophie Galamez je vous propose de lire cet article sur les différences entre prêt-à-porte, demi-mesure et sur-mesure, ainsi que celui sur le temps de la création manuelle.

Partagez l'article sur les réseaux :