“L’obsolescence de l’homme » de Günther Anders

Ecrit en 1956, “L’obsolescence de l’homme : sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle” est terriblement d’actualité !

L’Homme existe-il toujours ?

Déjà les effets de la division du travail en usine se faisaient sentir : l’Homme en perdant la main sur la finalité de son acte producteur perd ses capacités créatives, et le sens de la Vie. 

A l’époque de la troisième révolution industrielle, avec l’apparition de l’IA (Idiotie Augmentée), l’Homme perd encore du terrain sur sa capacité à devenir une personne humaine. 

Aujourd’hui il semble moins cher, en temps et en argent, de s’habiller en prêt-à-porter. Mais le coût humain est-il si faible, si l’on perd les techniques, l’autonomie du style, et le sens de ce qu’est se vêtir ? 

Il semble vain de prendre le temps d’apprendre à coudre, à tricoter, à crocheter, et pourtant … A chaque point que je pose, je me construis, je m’instruis, je m’intègre dans l’histoire de l’humanité et j’oriente ma vie d’une certaine façon. 

Chaque personne qui produit quelque chose en lui donnant une certaine fin se constitue elle-même avec une certaine fin. Si la fin de l’acte n’est plus connue, que devient l’homme qui l’accomplit ? Anders écrit que cet homme se divise, ne forme plus un tout cohérent. Et si l’acte se sépare de la fin, qu’en est-il des sentiments, de l’éthique ? Est-il encore possible de soutenir une pensée éthique si elle n’est pas ancrée dans nos actes ?

Je vous invite à ouvrir ce livre, qui peut sembler imposant au premier abord, mais est écrit d’une façon très fluide et émaillé de métaphores croustillantes …

 

Quatrième de couverture

« Tout le monde est d’une certaine manière occupé et employé comme travailleur à domicile. Un travailleur à domicile d’un genre pourtant très particulier. Car c’est en consommant la marchandise de masse – c’est à dire grâce à ses loisirs – qu’il accomplit sa tâche, qui consiste à se transformer lui-même en homme de masse. Alors que le travailleur à domicile classique fabriquait des produits pour s’assurer un minimum de biens de consommation et de loisirs, celui d’aujourd’hui consomme au cours de ses loisirs un maximum de produits pour, ce faisant, collaborer à la production des hommes de masse. Le processus tourne même résolument au paradoxe puisque le travailleur à domicile, au lieu d’être rémunéré pour sa collaboration, doit au contraire lui-même la payer, c’est à dire payer les moyens de production dont l’usage fait de lui un homme de masse (l’appareil (de télévision ou de radio) et, le cas échéant, dans de nombreux pays, les émissions elles-mêmes). Il paie donc pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise.”

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