La mode est au “fait le toi-même”. Pourquoi ce regain d’intérêt ?
L’individualisme
Nos sociétés sont individualistes, je ne pense pas vous apprendre quelque chose ! Mais l’individualisme isole. Je suis mon propre maître, je n’ai pas besoin des autres pour me connaître : je suis une monade, close sur elle-même, se frottant de temps en temps à d’autres monades seulement si elles vont dans mes intérêts. L’individu se tourne vers lui-même, vers son moi, son ego, ses envies, ses goûts et dégoûts. Et ainsi rate une partie de son existence qui est certes singulière mais également de nature humaine !
La personne humaine
La personne, à la différence de l’individu, est un être humain singulier. C’est à dire qu’elle est consciente d’être composée d’une nature humaine commune aux êtres humains, et d’une singularité d’expression de cette nature commune. Cette conscience permet à la personne d’être en connexion avec tous les êtres qui l’entourent, tout en étant enraciné en elle-même. Le corps et l’esprit ne s’opposent plus. L’incarnation, le fait d’être corporel, nourrit l’esprit.
L’incarnation
Le regain d’intérêt pour le faire soi-même s’explique sans doute par la nature même de l’être humain : incarné, faisant partie d’une espèce identifiée, ayant besoin à la fois de nourrir son esprit mais aussi son corps.
Les sociétés modernes désincarnent les esprits et se faisant les vident d’une partie de leurs facultés. Mais la nature ne peut être niée trop longtemps et le sensible demande à être pris en considération, car “Lorsque la main agit, l’esprit s’éveille.” (Charbonneau “L’Etat”).
Lecture proposée : “Eloge de la main” de Henri Focillon